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Ce caillou dans ma chaussure

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« Ne t’inquiète pas, c’est normal : en France, il y a eu plusieurs guerres au XXe siècle et les arrière-grands-pères sont souvent morts jeunes, on est habitué.
— Ah ! Chez nous, c’est pareil, mais avec les enfants. »

« Les semaines passent assez lentement, quand on a un caillou dans la chaussure. Il ne se laisse pas oublier, il empêche le temps de filer comme il le fait habituellement. »

« Je pense à tous ces politicards tocards qui refusent d’accueillir ces enfants, ces femmes, ces hommes en souffrance. Ces racistes primaires qui ont peur qu’on vienne leur prendre leurs poules, leur voiture, leur boulot, et créent toutes ces séparations, déchirures. Nous le paierons un jour, c’est sûr. »

« Accepter ce système, c’est accepter ça, non ? En tout cas, c’est sans doute ce qu’ils pensent, tous ceux qui sont derrière les frontières, à essayer d’entrer en Europe. Que si nous ne venons pas couper nous-mêmes les barbelés pour qu’ils entrent, c’est que nous cautionnons cette horreur. »

« Mais quand il y a urgence et qu’on n’a aucune solution ?
On ferme les yeux, on se bouche les oreilles et on chante très fort
La Marseillaise, c’est ça ? »

Rose-thé & gris souris

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Le silence entre eux met un certain temps à dissiper l’écho du long monologue. Douceur un peu moite d’une nuit tropicale.
Puis le jeune homme chuchote :
– Vous aussi vous avez perdu quelqu’un de très… pesant, n’est-ce pas ? Je voudrais qu’un jour vous me racontiez.
Il y a moins d’un mois, Gertrude aurait craché : « N’importe quoi ! ».
Ce soir, son silence signifie plutôt : « Je ne suis pas prête ».
Absurdement, elle pense : je dois d’abord aller à la SPA.